Une route. Rien d'autre.
Du sable, quelques buissons épineux et arbres traîtres sur le bord de la route. Un ciel jaune, lourd et pourtant
limpide.
Comme cette route jaune qui court à l'infini. Un sentiment en regardant cette image ou plutôt un état, autant corporel que psychique.
Quelque chose de dur pas très loin du coeur, un engourdissement en même temps qu'une conscience aigue de la route, mais seulement de la route. Se fondre et s'y dissoudre, marcher puis tomber.
Marcher des heures le long de la route, sous la chaleur intense d'un faux mois de septembre. Ne rien voir d'autre qu'elle, la route, unique horizon et traître mirage, ligne infinie déchirant le
désert aride, piste trouble autant que droite.
Marcher. Marcher sans cesse.
Suivre la route ?
S'arrête-t-elle ?